L’auto-édition est-elle pour tout le monde ?

Pour parler d’auto-édition, il faut avant parler d’édition tout court. Souvent on oppose un auteur édité et auteur auto-édité sur le terrain de la qualité de son écriture ou de son professionnalisme. On oppose assez souvent qu’un auteur auto-édité n’est pas un écrivain au sens noble du terme car celui-ci n’aura pas été adoubé par un éditeur reconnu. 

Pour Livres Particuliers, il n’y a pas de bon ou mauvais choix quant à l’édition d’un livre. Encore faut-il savoir pourquoi ce choix est fait vers l’un ou l’autre camp. 

Qu’est-ce qu’un succès de librairie ? 

Une mise au point s’impose. Souvent lorsqu’on souhaite écrire un livre, notre entourage ou nous même nous imaginons vendre des millions d’exemplaires de notre livre, alimentés que nous sommes de l’audience médiatique concentrée autour de certains livres. 

La réalité est bien loin de cet eldorado. Il existe bien des livres qui se vendent à des centaines de milliers d’exemplaires, mais à moins que vous ne soyez un membre de la liste ci-dessous, ne rêvez pas, c’est mission impossible. 

Comment se démarquer dans la marée de livres édités ?

En France, un livre édité se vend en moyenne entre 500 et 800 exemplaires pour un premier roman. Toutefois ce chiffre est largement tiré par les meilleures ventes puisqu’il s’agit d’une moyenne. 

En réalité, un livre se vend souvent à moins de 300 exemplaires sur l’année.

L’édition classique est-elle un objectif doré ? 

Oui et non. 

Cette réponse de Normand ne vous satisfait pas mais c’est la réalité. Cette réalité dépend des objectifs de chacun. 

Oui si

  • Votre rêve est d’être édité par une maison d’édition et le nombre de ventes importe peu : vous avez accès aux maisons d’écrivain et relevez du régime des artistes-auteurs.
  • Vous avez besoin d’être accompagné et pris en charge par un professionnel pour être à 100% sur votre écriture.

Non si :

  •  Vous rêvez que votre premier livre soit un best-seller (moins de 1% des livres publiés sont un best-seller)
  • Vous souhaitez être payé à chaque livre vendu : en moyenne il faut attendre 15 mois après le lancement du livre, pour que l’auteur récupère des droits d’auteurs, s’il en a.
  • Vous pensez avoir la belle vie et ne rien faire : de plus en plus, les auteurs sont mis à contribution dans la promotion commerciale de leur livres sur les salons et auprès des médias sans être payé pour cela. Rôle qui devrait normalement être pris en charge au maximum par la maison d’édition car il s’agit de son rôle. Sinon, autant s’auto-édité si c’est pour se retrouver à faire la même chose mais moins bien payé en pourcentage sur le livre. 

Et l’auto-édition alors ? 

Même si l’édition classique n’est pas forcément ce qu’on attend, l’auto-édition est-elle pour autant le graal pour un auteur ? 

Oui et non. 

Vous êtes habitué à cette demie-réponse teintée de compromis ? Voilà notre observation sur l’auto-édition : 

Oui si

  • Vous souhaitez être libre de tout contrat et conserver la totalité de vos droits d’auteurs
  • Percevoir plus que les 6 à 10% de droits qu’un contrat d’édition classique vous réserve
  • Être sur à 100% de voir votre livre édité
  • Le paiement immédiat au fur et à mesure des ventes des livres
  • Vous savez que les difficultés liées à l’auto-édition font une part intégrante de votre aventure
  • Vous n’avez pas besoin du regard et de l’approbation d’un éditeur
  • Vous pensez que le système de l’édition tel qu’il existe n’est pas le meilleur pour l’auteur
  • Même si vous n’avez pas un sou, vous pouvez imprimer votre livre sans avancer d’argent grâce à l’impression à la demande et aux livres numériques
  • Vous préférez toucher jusqu’à 70% de droits d’auteurs au lieu de maximum 10% avec un éditeur
  • On n’est jamais mieux servi que par soi-même

Non si

  • Vous ne nous sentez pas prêt à assumer le travail d’un éditeur : correction, réécriture, mise en page, s’occuper de l’impression, de la publication, de la distribution, démarchage pour déposer votre livre en librairie, constitution d’un réseau et d’une communauté de lecteurs par exemple. Etant donné la complexité afin d’être accepté à compte d’éditeur, certaines de ces tâches doivent de toute façon être faites par l’auteur
  • Vous ne vous sentez pas prêt à faire appel à des prestataires, qui seront indispensables pour faire certaines des tâches citées ci-dessus.

Qu’en pense Livres Particuliers ? 

Aujourd’hui, la chaîne du livre est en train de changer. Pour certains, les éditeurs sont le centre de tout, sans qui rien ne peux se faire. Pour d’autres, les éditeurs ne sont qu’un simple intermédiaire qui concentre ses efforts sur ses poulains qui lui rapportent de l’or quitte à en sacrifier d’autres. 

Certains ont besoin ou pensent avoir besoin qu’un éditeur leur prenne la main, alors que l’autre catégorie pense que le véritable créateur de valeur c’est l’auteur et non l’éditeur qui est un agent commercial. 

Cependant tout n’est pas à jeter dans le système d’édition classique, il y a seulement un changement de paradigme à opérer pour que le rapport de force penche enfin du côté de l’auteur sans qui rien n’existerait. 

Il ne faut pas non plus penser que les auteurs doivent rejeter totalement les éditeurs classiques  si ceux-ci justifient d’une plue-value commerciale qui va aider l’auteur à être reconnu plus largement. Toutefois, dans une économie du livre ou la stratégie consiste à inonder le marché en surproduisant, sans penser aux conséquences économiques et écologiques de tels actes, la place est minuscule en dehors des best-sellers. La prise de risque financière est le centre de la question pour les éditeurs qui ne mettent rien en oeuvre pour favoriser une diversité des livres. Il suffit de voir les prix auxquels ils vendent les livres numériques par rapport au prix d’un livre papier. La marge économique de l’éditeur orientant sa stratégie au détriment de l’auteur et du lecteur. 

Bien sûr, nous avons conscience qu’un grand nombre de petits éditeurs croulent sur leurs charges fixes qui ne sont pas compensées par la masse de leurs ventes (tout comme les libraires). Dans un contexte où il est complexe pour eux de sortir la tête de l’eau, il est impossible d’entrer pour eux dans un système où l’auteur est mieux rémunéré. Cela vient avant tout selon nous de problèmes inhérents à la chaîne du livre particulièrement en France. Nous y reviendrons.

Il suffit de voir des pépites et réussites du côté de l’auto-édition pour être sur que ce chemin n’est certainement pas celui de la honte, mais au contraire est celui de la reconnaissance en tant qu’auteur et écrivain. 

Pour n’en citer que quelques-un(e)s

  • Maliki et ses succès en financement participatifs
  • E.L. James (50 nuances de Grey)
  • Agnès-Martin Lugand (Les gens heureux lisent et boivent du café)
  • Hugh Howey (Silo : 500 000 livres vendus et droits d’adaptation achetés par Ridley Scott)
  • Aurélie Valognes (25 000 exemplaires de son premier livre numérique vendus)
  • Amélie Antoine (15 000 ventes sur amazon)
  • Les auteurs et autrices qui ne vendent pas des dizaines de milliers de livres mais qui sont très heureux d’avoir édité leur livre ! 
  • Vous ? 

Si vous souhaitez apprendre à éditer votre livre, à améliorer votre écriture, à vous publier ou même communiquer comme un auteur pro, avec ou sans maison d’édition, Livres Particuliers est justement là pour vous aider… Alors contactez-nous 🙂

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