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Les “Éditions XXX” acceptent votre manuscrit pour 1500€ !

Avec ce titre ironique, on veut dénoncer une réalité à laquelle sont confrontés beaucoup d’auteurs.

Ils cherchent un éditeur sur Internet, qui serait prêt à travailler avec eux afin de voir éclore en librairie leur manuscrit. Ils décident alors de taper « éditeur » dans leur moteur de recherche préféré. Et là, ils tombent sur cette magnifique liste : 

Dans cette liste, il n’y a malheureusement aucun éditeur qui va sérieusement sélectionner son texte. Et pour cause : le modèle économique de ces « maisons d’édition » ne repose pas sur le succès de votre livre, mais sur votre paiement de leurs prestations à l’entrée. (les plus malins d’entre vous auront sans doute vu l’encadré annonçant que ce sont des publicités. Quoiqu’il en soit, ces entreprises restent les mieux référencées.)

Distinguer édition à compte d’auteur et édition à compte d’éditeur

Leur nom donne déjà une indication utile : à compte d’auteur, l’auteur paie, à compte d’éditeur, l’éditeur paie. Mais ce n’est pas tout !

Le compte d’éditeur

Le compte d’éditeur, c’est l’édition qu’on qualifiera de “classique”. Le rôle de l’éditeur ici est de bien choisir les livres qui parviendront à toucher un certain lectorat correspondant à sa ligne éditoriale. Il va donc prendre les droits sur le livre dont il a besoin pour assurer une diffusion constante et pouvoir prendre les largesses commerciales nécessaires à la vente du livre. Dans ce mode d’édition, l’auteur perd donc certains droits sur son oeuvre (et « c’est tout »), contre :

  • La mise en page, le choix de la couverture, de la quatrième, la correction du livre (le tout étant évidemment un travail collégial, les détails varient selon les éditeurs)
  • Un à-valoir correspondant à une avance  sur les premières ventes (de 500 à 2000€ pour un premier roman)
  • De 7 à 12% du prix du livre par livre vendu
  • Quelques exemplaires
  • L’impression, la diffusion et distribution effective de son livre qui doit être disponible sur une période donnée (au moins un an)

Ce type de contrat d’édition entraîne des frais non-négligeables pour la maison d’édition qui s’engage alors vraiment corps et âme dans votre réussite. Vous n’avancez aucun frais, si ce n’est l’envoi du manuscrit papier au départ, si c’est demandé.

On touche d’ailleurs le problème principal du compte d’éditeur aujourd’hui, il y a énormément de postulants, dont beaucoup qui ne rentrent pas dans la ligne éditoriale. Ce traitement prend beaucoup de temps et d’argent.

Le compte d’auteur

 

L’édition à compte d’auteur ne pose pas tant problème tant qu’il n’est qu’un outil à disposition des auteurs. Et c’est bien là le souci que nous avons avec certaines d’entres elles qui jouent consciemment avec l’incompréhension des auteurs. Tous les auteurs ne savent pas faire la différence entre compte d’éditeur et compte d’auteur… Même si, et c’est justement le problème, on ne peut pas le savoir en un seul coup d’œil. 

Le compte d’auteur réside donc dans le fait de vous vendre l’intégralité ou non des prestations qui ont été offertes contre vos droits sur le livre par les maisons d’édition à compte d’éditeur. Vous payez donc la totalité (ou pour alléger la facture, certaines vous demandent de faire toute ou partie de ces travaux) :

  • Mise en page
  • Correction
  • Couverture
  • Quatrième de couverture
  • Impression
  • Diffusion
  • Distribution

Bien sûr, la facture peut vite monter. Mais aujourd’hui on trouve des contrats qui vont de 0€ à 3000€.

Nous pensons que le compte d’auteur n’est pas forcément à jeter, mais gardez tout de même en tête que le lectorat est précieux, et que les éditeurs ayant réussis à obtenir un lectorat fidèle réussissent facilement à trouver des acquéreurs. Inversement, réussir à trouver des lecteurs que ce soit en compte d’auteur ou en auto-édition relève du parcours du combattant… Pas impossible non plus cela dit ! Nous essayons de vous donner les clés pour distinguer tout cela.

Retenez par contre que lorsque les éditeurs à compte d’auteur ne vous « sélectionne » pas, vous n’êtes malheureusement pas pour autant un réel écrivain ayant un intérêt certain (malgré leurs compliments nombreux juste avant la demande du chèque).

Et c’est justement cette malhonnêteté pugnace de ces acteurs du compte d’auteur qui nous fait dire aujourd’hui qu’elle est à éviter. Ils jouent avec un secteur qui peine à satisfaire l’offre, ils savent que beaucoup d’auteurs sont prêts à tout pour « être édité », alors, ils en profitent en pariant sur la crédulité des auteurs qui se disent « je dois avancer de l’argent pour que mon livre soit imprimé et fonctionne » sauf qu’en pratique l’écrasante majorité des édités à compte d’auteur ne rentre pas dans ses frais.

À retenir !

  • Les maisons d'édition à compte d'auteur sont dissimulées sous une apparence de maison d'édition classique (nous vous ferons bientôt une liste pour vous repérer)
  • L'édition classique (à compte d'éditeur), c'est quand l'éditeur prend à sa charge tous les frais.
  • L'édition classique (à compte d'éditeur) est sélective, l'oeuvre proposée doit correspondre à la ligne éditoriale de l'éditeur.
  • L'édition à compte d'auteur est à étudier comme une prestation de service, ce qu'elle est en réalité.